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Le Blog de Barnabé KIKAYA Bin KARUBI

Quand A. Makoba Yasser recadre Doudou R. Fwamba Likunde

Réagissant à un poste qui alléguait d’une politique des finances qui viserait à “Assainir la dette publique” en RDC, Makoba Yasser @makoba_y deconstruit en 8 points les propagandes et démagogies du ministre Doudou Fwamba. 

Monsieur le Ministre @LikundeR, 

la croissance dont vous vous glorifiez, c’est l’héritage de Kabila que vous niez. 

1. La croissance minière vient d’un cadre juridique que Kabila a lui-même mis en place. Vous attribuez la croissance au mérite de votre gouvernement, mais le moteur est minier, et le Code minier de 2002 a été promulgué sous Joseph Kabila. Ce code a rouvert le secteur aux investisseurs après des décennies d’effondrement et a permis à la production de cuivre et de cobalt de passer de quelques dizaines de milliers de tonnes à plusieurs millions de tonnes. Il a aussi été révisé en 2018 sous sa présidence, pour relever les redevances.
Le contrat avec les entreprises chinoises, qui a financé des infrastructures et lancé de grands projets miniers, date de 2008.

En clair, la locomotive était déjà sur les rails en 2019. Votre gouvernement l’a reprise en marche, il ne l’a pas inventée. 

2. C’est précisément ce que dit l’ancien président. Quand Joseph Kabila affirme que son successeur a hérité d’un pays stable et de tous les moyens nécessaires pour le développer, il ne parle pas dans le vide : il parle d’une économie dont la principale source de croissance, et de recettes, était déjà en place. Les chiffres que vous citez (PIB, budget, réserves) sont en grande partie ceux de ce secteur.

Avec ces moyens, la question n’est pas « qu’avez-vous hérité ? », mais « qu’en avez-vous fait pour les Congolais ? » 

3. Vos moyens étaient exceptionnels, donc vos résultats doivent l’être aussi. Sept ans de pouvoir, des cours du cuivre et du cobalt parfois très favorables, un FMI de retour, un accès aux marchés par Eurobond : jamais un gouvernement congolais n’a disposé d’autant de leviers. Le jugement est d’autant plus sévère que les moyens sont grands.

Invoquer l’héritage pour s’excuser et le nier pour s’attribuer les mérites est contradictoire. 

4. Vous comparez des dollars nominaux, pas de la richesse réelle. Passer de 50 à 120 milliards de PIB n’est pas un doublement de la production.

Les projections du FMI relayées par la BCC reconnaissent que les effets de change gonflent mécaniquement le PIB en dollars. Le budget 2026 a été bâti sur un taux de 2 900 CDF le dollar, alors que le franc s’échange à environ 2 266. Un franc plus fort fait grossir le budget en dollars sans un service public de plus. 

5. La désinflation n’efface pas les hausses cumulées. L’inflation est tombée à environ 2,1 % en février 2026, c’est un acquis réel. Mais après 11,7 % fin 2024 et les hausses de 2022 à 2024, le niveau des prix est nettement plus élevé qu’en 2019, alors que les salaires n’ont pas suivi. Le pouvoir d’achat se mesure en niveau, pas en variation. 

6. Vos réserves restent fragiles. Les 8 milliards correspondent à environ trois mois d’importations, et le FMI note qu’elles restent inférieures au seuil recommandé. Elles dépendent d’un cycle de prix de matières premières. 

7. Le bon ratio n’est pas dette/PIB mais service de la dette/recettes. Une dette « faible » rapportée à un PIB gonflé peut peser lourd rapportée à des recettes publiques réelles modestes, surtout quand elle est en devises. 

8 [9]. Vous financez ce qui était déjà dû. Selon l’IGF, des infrastructures prévues au contrat chinois sont aujourd’hui financées par la République dans le cadre du PDL-145 Territoires. C’est un transfert de charge, pas un exploit.

Makoba Yasser

Makoba Yasser
Entrepreneur & Aspirant Politique —S.G.A. en charge de question politique et administrative de KABILA FOREVER ASBL/FCC

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