Team BKBK

Le Blog de Barnabé KIKAYA Bin KARUBI

APRÈS LE DISCOURS DE KABILA, LES COURTISANS SORTENT DU BOIS, MAIS LE DANGER MÉRITE MIEUX QUE DES FLATTERIES !

Il y a des moments où le silence des courtisans en dit long, et où leur agitation soudaine en dit davantage encore.

Après le discours de Joseph Kabila, un ballet bien connu reprend ses quartiers dans les allées du pouvoir :

Celui des laudateurs. Postés sur la ligne de front de la flagornerie, ils rivalisent d’ardeur, les uns pour justifier leur nomination, les autres pour protéger leur fauteuil, certains pour quémander les portefeuilles, d’autres justifier miettes.

À grand renfort de beaux discours en français châtié, ils tentent de dédramatiser la situation et d’endormir la vigilance du sommet de l’État.

Pendant que ces bateleurs de foire jouent leur partition inspirée du corbeau et du renard, la réalité, elle, frappe à la porte avec la brutalité des grands soirs.

Ce qui dit que derrière la valse des flatteries, la menace elle, est frontale.

L’homme qui a pris la parole, Joseph Kabila n’est pas un acteur politique ordinaire en quête d’honneurs honorifiques. Il est un ancien chef de l’État, ancien commandant suprême des forces armées, condamné à mort par contumace et visé par des sanctions américaines. À ce titre, il est dangereux car un kamikaze qui peut surprendre n’ayant plus rien à craindre de la vie ou de la mort.

Après qu’il a eu à tenir des propos selon lesquels affirmait-il, que “s’il était le M23, les choses seraient tout autres sur le terrain”, et lorsqu’il annonce aujourd’hui clairement les couleurs, c’est que la phase de conception et de montage est achevée. Le dispositif est déjà en marche et n’attend que, feu !

Les dires de Kabila lors de son adresse vendredi 9 octobre, ne doivent être ni banalisés ni interprétés à la légère. Ils appellent la République, ou le pouvoir en place à la vigilance, au renseignement et la fermeté de l’État, loin de bruit des fanatiques.

Je ne prétends pas connaître les intentions réelles de l’ancien président Kabila, ni affirmer qu’un plan militaire se cache nécessairement derrière ses propos.

Mais je refuse de croire anodin le discours qu’un homme sous sanctions américaines aujourd’hui bénéficiaire d’un collectif d’avocats redoutés aux États-Unis puisse se permettre gratuitement un tel niveau de contestation et de verbe, mené avec autant d’assurance, sans des garanties solides sous la table.

Et ceux qui choisissent de minimiser ces signaux en riant sous cape commettent une erreur historique et géopolitique majeure.

Le timing choisi, intervenant juste après la visite d’un panel international, et la fermeté d’un ton qui ferme toute porte au dialogue ou à la réconciliation de salon ne laissent planer aucun doute : nous faisons face à un complot d’une envergure nouvelle.

Ce qui inquiète davantage, c’est aussi l’analyse des réactions au sein de la population congolaise qui glace le sang. Une opinion d’un peuple fracturé devant un piège redoutable.

Le discours de Kabila est donc perçu à travers un prisme binaire, divisé selon les affinités politiques, comme un verre à moitié plein ou à moitié vide, selon les appartenances et les sympathies.

Certains applaudissent, d’autres condamnent, et beaucoup semblent oublier une évidence : la sécurité nationale ou d’un chef de l’État ne devrait jamais devenir un concours de loyauté partisane.

Comment espérer faire face aux menaces qui pèsent sur la RDC lorsque chaque parole politique est immédiatement transformée en arme contre le camp adverse ?

Comment construire un front républicain lorsque les uns applaudissent ce qu’ils devraient examiner et que les autres s’indignent sans chercher à comprendre ?

C’est précisément là que réside le véritable danger.

Face à une menace existentielle pour la nation, le peuple congolais se retrouve fracturé, au lieu de faire bloc derrière les institutions et le président de la République légitime.

Plus grave encore, ce discours trouve des relais à visage découvert, banalisant la subversion et offrant un terreau fertile à la déstabilisation.

Monsieur le Président, il est impératif de se placer résolument au-dessus de la mêlée. Vous êtes le président de la République en exercice.

La charge que vous assumez vous impose de regarder au-delà des provocations, des applaudissements et des règlements de comptes.

Votre responsabilité est de protéger le territoire national, de garantir la sécurité des citoyens et de préserver la stabilité des institutions.

Ne répondez pas à la surenchère par la surenchère. Ne laissez pas les flatteurs dicter votre lecture des événements.

Faites évaluer les menaces par les services compétents, renforcez la vigilance nécessaire et privilégiez une communication institutionnelle maîtrisée. La fermeté n’exclut ni la sagesse ni la retenue.

Dans la politique congolaise, les flatteries peuvent protéger temporairement un poste. Mais ne protègent ni les frontières, ni les populations, ni la République.

Il est urgent de chasser les marchands d’illusions et les courtisans dont la seule boussole est la préservation de leurs privilèges.

L’heure n’est plus aux broutilles politiciennes ni aux analyses cosmétiques. Elle est à la prise de conscience nationale, au renforcement de la sécurité et à l’union sacrée de la patrie face au péril.

Le temps presse : l’histoire jugera ceux qui ont su voir le loup pendant que les flatteurs chantaient les louanges du renard.

Pour moi, le patriotisme ne consiste pas à applaudir le pouvoir. Il consiste à lui dire la vérité, même lorsqu’elle dérange.

Enfin, l’homme qui a parlé aura peut-être toujours mon respect, mais jamais ma considération. Et l’assume.

Kinywa Cha M’zee | Mina choka 📷

Par Lwarhiba Musimwa Maître (@LwarhibaM) sur https://x.com/LwarhibaM/status/2108846829903200627

About The Author