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Le Blog de Barnabé KIKAYA Bin KARUBI

DIALOGUE NATIONAL : POSITION DE SAUVONS LA RDC APRÈS L’ADRESSE À LA NATIONDU 27 AOÛT 2026

Le Mouvement Sauvons la RDC a suivi avec attention l’adresse à la Nation de
Monsieur Félix Tshisekedi Tshilombo, consacrée à l’annonce d’un forum qu’il
présente comme un « dialogue national pour la paix, la cohésion et la
refondation de l’État ».

Après des mois passés à railler, contourner, récuser ou vider de leur substance
les appels au dialogue venus de toutes parts, Monsieur Félix Tshisekedi, en
illusionniste accompli, donne soudain l’impression d’en avoir découvert les
vertus. Mais à l’écouter attentivement, il n’y a guère de raison de s’en
réjouir : derrière les mots du dialogue se dessinent les contours d’un processus
qui en contredit l’esprit, les exigences et la finalité.

D’abord, parce que son appel à l’unité et à la cohésion nationales, tout comme
sa profession de foi en faveur du dialogue présenté comme la voie privilégiée de
sortie de crise, dissimulent mal de profondes contradictions entre le discours
affiché, la démarche proposée et les véritables enjeux de la crise.

À titre d’exemple, Félix Tshisekedi affirme vouloir dialoguer, mais décide seul
avec qui, où, comment, sur quoi et jusqu’où les Congolais seraient autorisés à
discuter. Un dialogue dont une seule partie choisit les participants, fixe les
règles, délimite les sujets et détermine à l’avance les contours n’en est pas
véritablement un.

Ce qu’il projette n’est donc pas davantage un dialogue national que les
« auto-nominations » de décembre 2023, organisées à coups de machines à voter
distribuées jusque dans les rangs de sa famille politique, n’ont constitué de
véritables élections.

Ensuite, parce qu’en champion du verbe sans contenu, Félix Tshisekedi semble
compter sur l’adhésion sans réserve de tous ceux qui, par peur, intérêt ou
servitude volontaire, ont renoncé à exercer leur propre jugement pour lui
déléguer le privilège exclusif de penser à leur place. À eux désormais
d’applaudir et de suivre le Maître, avec la même ferveur lorsqu’il affirme une
chose que lorsqu’il soutient exactement son contraire.

Cynisme politique ou incapacité à prendre la juste mesure de la gravité de la
crise, Monsieur Tshisekedi s’est ainsi illustré, une fois encore, par un
diagnostic erroné. Or, d’un faux diagnostic ne peut découler qu’un mauvais
protocole de traitement.

N’en déplaise à Monsieur Tshisekedi, la crise que traverse aujourd’hui la
République démocratique du Congo n’est ni un simple différend entre politiciens
ni une difficulté passagère. Elle n’est pas davantage exclusivement sécuritaire
et ne saurait se résumer à une agression étrangère. Elle est tout à la fois
morale, politique, sécuritaire, institutionnelle, économique, sociale,
humanitaire et, désormais, sanitaire.

Des territoires entiers et pas seulement dans l’Est du pays, échappent à
l’autorité de l’État. Des millions de Congolais sont déplacés ou vivent
quotidiennement sous la menace de la guerre, de la faim et des épidémies. Dans
le même temps, les structures sanitaires et les dispositifs humanitaires sont à
bout de souffle, sans que se dessinent une volonté politique suffisamment forte
ni un plan crédible permettant de renforcer durablement leurs capacités.

Sauvons la RDC rappelle que Monsieur Tshisekedi entretient depuis longtemps un
rapport pour le moins difficile avec la vérité, la contradiction et la
confrontation des idées. Face à l’accumulation des périls qui menacent la
Nation, il a donc, sans surprise, fait un choix lourd de conséquences : celui du
confort d’une grand-messe avec ses fidèles et ses obligés, plutôt que celui d’un
véritable dialogue permettant aux Congolais de confronter librement leurs
analyses, leurs visions, leurs divergences et leurs propositions de sortie de
crise.

Entre sauver son pouvoir et sauver la République, il a choisi son pouvoir. Or,
dans les circonstances actuelles, ces deux objectifs sont incompatibles. En
levant cette option, il fait le choix de l’escalade, de la persistance de la
crise et de l’aggravation des tensions, plutôt que celui d’une solution
politique globale susceptible de ramener la paix et la stabilité dans notre
pays.

En effet, on ne peut pas sérieusement vouloir d’un dialogue pour la paix, et en
exclure ceux avec qui on est en guerre ; ni en appeler à la cohésion nationale,
pendant que les avions et drones sous son commandement bombardent, sans arrêt,
des populations civiles inoffensives et sans défense, et qu’on entretient, sur
le plan politique, un climat fait d’arrestations arbitraires, de restrictions
des libertés et des activités politiques, de poursuites judiciaires sélectives,
et de condamnations à mort sans procès équitables, ne laissant ainsi à ses
compatriotes, que le choix entre se soumettre, périr ou l’exil.

Il est de même absurde de prétendre organiser un dialogue pour la « refondation
de l’État » tout en soustrayant du débat les questions essentielles qui sont
précisément au cœur de la crise : la démocratie, les droits humains, les
libertés publiques, la légitimité des institutions et la gouvernance du pays.

Il est également absurde d’affirmer vouloir résoudre, par le dialogue, une crise
aussi grave dont on est soi-même l’un des principaux acteurs, sinon le principal
responsable, tout en s’arrogeant le droit exclusif d’en maîtriser l’ensemble du
processus : convoquer le dialogue, en désigner les participants, déterminer les
matières à traiter, nommer les facilitateurs et les médiateurs, les réduisant de
fait à un rôle de simples modérateurs —, organiser et superviser les travaux,
puis se poser en destinataire ultime des résolutions, avec le pouvoir
discrétionnaire de décider lesquelles seront appliquées ou non.

Enfin, il n’est ni cohérent ni raisonnable d’invoquer la cohésion nationale tout
en marginalisant ceux qui, forts de leur crédibilité et de leur autorité morale,
se sont précisément employés à construire des passerelles entre les différentes
parties à la crise et à faire prévaloir le dialogue sur la confrontation. C’est
notamment le cas des Évêques de la CENCO et de l’ECC, dont les initiatives ont
contribué à rapprocher des positions jusque-là antagonistes et à maintenir
ouverte la perspective d’une solution politique. Prétendre rechercher la paix
tout en écartant ceux qui travaillent à la rendre possible constitue, là encore,
l’une des contradictions majeures du processus annoncé.

Pour Sauvons la RDC, et contrairement au rôle que semble vouloir leur assigner
Monsieur Tshisekedi, les Évêques de la CENCO et de l’ECC ne sauraient être
réduits à une simple variable d’ajustement, sollicitée pour apporter une caution
morale et un vernis de crédibilité à un schéma conçu unilatéralement par le
pouvoir, ou pour offrir à certains acteurs de l’Opposition une justification
commode à leur participation.

Leur implication doit être indépendante, effective et pleine. La CENCO et l’ECC
doivent assumer une véritable mission de médiation et de facilitation, de nature
à garantir l’équilibre du processus, la confiance entre les parties et la
crédibilité du dialogue.

De même, l’implication de garants africains et internationaux dans le suivi et
la mise en œuvre effective des résolutions ne constitue ni un accessoire ni une
faveur concédée aux participants. Pour Sauvons la RDC, la facilitation de la
CENCO et de l’ECC, tout comme l’existence de garanties internationales
crédibles, constituent des conditions essentielles à la tenue, à la crédibilité
et au succès de tout véritable dialogue national.

  LES SEPT CONDITIONS D'UN DIALOGUE CRÉDIBLE, INCLUSIF ET EFFICACE
    (telles qu'énoncées dans la Déclaration du 1er août dernier)

Sauvons la RDC rappelle et tient pour incontournables les sept conditions d’un
dialogue crédible, inclusif et efficace, telles qu’énoncées dans sa Déclaration
du 1er août dernier :

  1. Une médiation neutre, indépendante et impartiale ;
  2. Une participation réellement inclusive, sans exclusion politique
    arbitraire ;
  3. Un cadre neutre et sécurisé, garantissant à chaque participant sa liberté,
    sa sécurité et son intégrité ;
  4. Des termes de référence, un calendrier et un ordre du jour définis de
    manière consensuelle par les parties ;
  5. Le respect absolu de la Constitution, notamment de ses dispositions
    intangibles, ainsi que de l’échéance constitutionnelle de 2028 ;
  6. Une véritable décrispation politique et judiciaire, préalable indispensable
    à la restauration de la confiance ;
  7. Enfin, un mécanisme indépendant et contraignant de garantie, de suivi et de
    mise en œuvre effective des engagements et résolutions issus du dialogue.

Pour Sauvons la RDC, ces exigences ne sont ni accessoires ni négociables : elles
constituent le socle minimal sans lequel tout processus présenté comme un
dialogue national ne serait qu’un simulacre, dépourvu de la confiance, de la
crédibilité et de la légitimité nécessaires à une véritable sortie de crise.

Sauvons la RDC n’est dupe ni de la solennité du décor, ni du ton employé, encore
moins de la forme ou du fond de l’adresse à la Nation de Monsieur Félix
Tshisekedi consacrée au prétendu dialogue national. Il constate qu’aucune des
sept conditions rappelées ci-dessus, pourtant dictées par le bon sens et
indispensables à la crédibilité de tout processus de sortie de crise, n’a été
rencontrée dans cette adresse.

Dans ces conditions, l’annonce solennelle d’un prétendu « dialogue national »
constitue, pour Sauvons la RDC, un non-événement politique. Elle ne répond ni
aux exigences du moment, ni aux conditions d’un véritable dialogue, encore moins
à l’urgence d’une sortie de crise.

D’un ton ferme, Sauvons la RDC réaffirme son refus catégorique de cautionner une
mise en scène politique dont le scénario écrit d’avance par l’une des parties à
la crise et dont les conclusions, déjà préfigurées, n’attendent plus qu’un
simple entérinement. Sauvons la RDC refuse de conférer, par sa présence, la
moindre légitimité à un monologue entre initiés, entourés de figurants mobilisés
à coup d’appâts aussi immoraux qu’inavouables, pour donner l’illusion de
l’inclusivité et fabriquer artificiellement l’apparence d’un consensus national.

Ce pseudo-dialogue est, pour Sauvons la RDC, un mécanisme subtil, un stratagème
politique destiné à instrumentaliser les conclusions du forum pour tenter de
contourner les verrous constitutionnels, prolonger indûment les animateurs des
institutions dans leurs fonctions, au-delà des échéances prévues, et, à terme,
ouvrir la voie à un troisième mandat consécutif du Président de la République en
exercice. Sauvons la RDC ne cautionnera jamais pareille forfaiture.

De manière tout aussi solennelle, Sauvons la RDC réaffirme cependant son
attachement sans équivoque au principe d’un véritable dialogue : un dialogue
national, souverain, inclusif et sans exclusive, réunissant l’ensemble des
parties prenantes et ouvert à l’examen, sans tabou, de toutes les dimensions
ainsi que des causes profondes de la crise congolaise.

Un dialogue qui ne soit ni celui d’un camp ni celui d’un homme, mais celui de la
Nation tout entière, libre de regarder ses fractures en face et de rechercher,
dans la responsabilité et le compromis, les voies d’une sortie durable de la
crise.

Fort des enseignements de l’histoire et des luttes des peuples pour leur liberté
et leur souveraineté, Sauvons la RDC demeure convaincu qu’un tel dialogue
national finira par s’imposer. Que Monsieur Tshisekedi le veuille ou non. Il se
tiendra avec lui, ou sans lui s’il s’obstine à en empêcher la tenue, mettant
ainsi le peuple congolais dans l’obligation, sur pied de l’Article 64 de la
Constitution, de le contraindre à la sortie, et de reprendre son destin en
mains.

La responsabilité politique et historique d’un tel dénouement, aussi regrettable
qu’évitable de la crise n’incomberait alors entièrement qu’à Monsieur
Tshisekedi, et à lui seul.

                                                    Fait, le 31 août 2026

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POUR LE MOUVEMENT SAUVONS LA RDC, LES MEMBRES FONDATEURS
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• Franck Diongo [signé]
• Jean-Claude Vuemba [signé]
• Raymond Tshibanda [signé]
• Seth Kikuni [signé]
• Claudel André Lubaya [signé]
• Théophile Mbemba [signé]
• Dr. Tharcisse Loseke [signé]
• Albert Mukulubundu
• Filia Tshipasa [signé]
• Bienvenu Matumo

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