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Le Blog de Barnabé KIKAYA Bin KARUBI

J. Kabila prévient l’opinion des conséquences de toute promulgation de la loi référendaire !

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Il ne pouvait que le faire, et il vient de le faire. Après tout, la Constitution, en dehors de porter sa signature du fait qu’il l’ait promulguée le 18 février 2006, est l’œuvre de toutes les forces politiques et sociales qui s’étaient impliquées à ses côtés dans la tenue du Dialogue intercongolais. En l’occurrence les composantes «Gouvernement», «RCD», «MLC», «Opposition politique» et «Société Civile» ainsi que les entités «RCDKML» «RCD-N» et «MaïMaï». C’est tout à fait normal pour Joseph Kabila Kabange d’en être le défenseur et de tirer le premier la sonnette d’alarme face aux dangers qui s’annoncent !

1ère conséquence : démission du chef de l’Etat en fonction.
2è conséquence : risque d’implosion du pays. Entre les deux, le choix des Congolais est clair !

Y aurait-il sous les cieux un parent qui rejette son enfant sans se rejeter lui-même aux yeux de la société ? Y aurait-il un artiste qui méprise son œuvre sans se mépriser lui-même ? L’exemple peut indisposer d’aucuns, mais c’est la réalité avec la vérité réunies : Dieu a fait racheter par le sang de Jésus l’homme créé à son image et à sa ressemblance. Car son œuvre, l’œuvre de sa vie, on la protège.

C’est surprenant de voir des Congolais à la base du processus enclenché sous le couvert du Dialogue intercongolais, et qui ont mis toutes leurs énergies dans la conception, la rédaction et l’adoption de la Constitution du 18 février, en deviennent les premiers fossoyeurs au point de les voir rivaliser d’arguments, plutôt d’arguties pour aller au-delà de la révision prévue aux articles 218 et 219. Ils en préconisant ostensiblement et carrément le changement comme s’ils en avaient honte !

Dans un article récent, un chroniqueur congolais a aligné des chiffres pour comparer trois pays, à savoir les Etats-Unis d’Amérique, la France et la RDC.

En cette année 2026, la Constitution en vigueur des Etats-Unis a 237 ans. Elle a subi 27 révisions ou amendements. Jamais elle n’a été changée. Celle de la Ve en France a 68 ans. Elle en est à sa 24ème révision. Jamais elle n’a été changée. Par contre, avec ses 66 ans d’existence, la République Démocratique du Congo envisage son 6ème changement.

Pour quelle raison ? Aucune de fondé dès lors que tous les articles indexés se révèlent solides. Ce dont devraient se réjouir les législateurs car ils auront achevé un monument plus durable que l’airain, pour paraphraser Horace.

On ne change pas la Constitution qui fait gagner

Au regard de cette évidence, la question pertinente est de savoir en quoi cette Constitution est-elle devenue soudain mauvaise pendant que le bilan du premier quinquennat du régime actuel 2018-2023 avait été reconnu positif grâce à ce texte.

En cette période de la Coupe du monde de football, l’envie de rappeler le principe « On ne change pas l’équipe qui gagne », c-à-d « On ne change pas la Constitution qui fait gagner ».

S’il s’avère alors qu’on ne sait pas résoudre les problèmes de gouvernance, on ne peut pas, honnêtement parlant, accuser la Constitution d’en être la base. Elle n’est pour rien dans les difficultés auxquelles le régime fait face, difficultés résultant de l’incurie introduite et entretenue savamment dans la gestion de la Chose publique à partir de juillet 2020.

Aussi, à partir du moment où les protagonistes de la cette gestion n’en veulent pas pour des raisons qui leur sont propres, Joseph Kabila Kabange, lui, interpelle le Garant ayant juré en janvier 2019 et en janvier 2024 dans son serment d’investiture prévu à l’article 74 de la défendre d’en tirer toutes les conséquences. Dont la première est de reconnaître qu’il se démet de façon volontaire de son mandat !

D’où, cela va de soi, l’appel du Raïs dans son message du 11 juin 2026 à « chaque famille, chaque avenue, chaque quartier, chaque village et chaque ville de notre pays » de se constituer en mirador, entendez en sentinelle avec pour mission « la détection précoce et la dénonciation des atteintes aux libertés publiques, aux droits des citoyens et aux exigences de bonne gouvernance ». Il les invite à devenir « autant de cellules de résistance citoyenne et de défense de la démocratie».

Car tout auto-maintien au pouvoir devient imposture.

Il y met à nu la forfaiture à laquelle le régime se livre, forfaiture dénoncée du reste le 23 mai 2025 dans son adresse en 12 points, faisant constater et dénoncer une gouvernance s’exécutant «de manière arrogante, liberticide, prédatrice, et profondément discriminatoire à l’égard de plusieurs catégories de citoyens Congolais ».

Il se désole particulièrement de la capacité de retournement des compatriotes qui disent une chose le matin et une autre à midi sans se gêner le moins du monde. C’est vrai qu’ils ont dans leur ADN le double langage.

Pour preuve, de 2015 à 2018, ils brandissaient la pancarte « Touch’ pas à ma Constitution», ne cessant de culpabiliser le régime sortant en évoquant «Rossy Mukendi», «Thérèse Kapalanga», «Eric Nkukula» etc. oubliés de commémoration depuis janvier 2026.

Les voici se réjouissant de faire aujourd’hui exactement le contraire de ce pour quoi ils mobilisaient ces compatriotes.

Choqué par tant d’inhumanité, Joseph Kabila Kabange souligne dans son message du 11 janvier 2026 qu’«Un pas décisif vient d’être franchi vers la consolidation de la tyrannie et l’instauration d’un pouvoir sans limite prévisible, ni perspective crédible d’alternance politique démocratique », allusion faite à l’adoption par le Parlement du projet de loi organique sur le référendum.

Il prévient la communauté nationale par ces mots justes et sensés : «Notre pays est ainsi progressivement transformé en une véritable cocotte-minute, prête à exploser, parce que privé de la respiration démocratique indispensable à sa stabilité et à sa cohésion».

Ceci est d’autant vrai que si la loi sur le référendum n’est pas appliquée aussitôt promulguée, elle sera en contradiction évidente avec la Constitution. Bien plus, le pays n’étant pas entièrement sous contrôle du Pouvoir central, tout référendum partiel va consacrer la «soudanisation» qu’il a dénoncée dernièrement.

On va devoir alors se demander pourquoi son prédécesseur – qui a doublé son mandat sur base de la Constitution du 18 février 2006 – n’en veut plus pour lui préférer une Constitution à venir tout en sachant que dès qu’il aura promulgué la loi sur référendum incompatible avec la Loi fondamentale en vigueur, il aura ouvert de façon expresse la voie à la démission. Sa démission.

Peut-être que c’est la voie choisie pour s’en aller; laissant les siens en plan !

Il en est capable.

@SauvonsLaRdc1

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