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RDC : Quand la haine médiatique est récompensée

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RDC : Quand la haine médiatique est récompensée

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a récemment annoncé lors du Conseil des ministres que l’État prévoit de distinguer certains journalistes pour les « services éminents rendus à la nation ». Cette cérémonie est programmée pour le 4 mai, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

À ce stade, la liste officielle des bénéficiaires n’a pas encore été rendue publique. Toutefois, des noms circulent déjà sur les réseaux sociaux, largement relayés par des figures proches du pouvoir. Et les profils évoqués laissent peu de doute : il s’agirait de journalistes et animateurs connus pour avoir diffusé des discours de haine à caractère ethnique et pour leur engagement dans une communication alignée sur les positions gouvernementales.

Autrement dit, des acteurs médiatiques qui ont délaissé les principes fondamentaux du journalisme pour se mettre au service d’une propagande de guerre. Certains d’entre eux participent à la diffusion, à l’amplification, voire à la banalisation d’appels à la violence ciblant les Tutsis congolais.

Cette orientation n’est guère surprenante venant de Patrick Muyaya, à qui l’on doit notamment la popularisation de l’expression « poison rwandais ». Cette formule tend à assimiler toute revendication ou simple existence des Tutsis congolais à une influence étrangère, contribuant ainsi à une stigmatisation collective et à une déshumanisation préoccupante.

D’ici au 4 mai, je publierai une série de contenus visant à exposer ces acteurs de la haine, en consacrant une analyse à chacun d’eux.

Ce premier volet est dédié à Litsani Choukran.

Un exemple marquant remonte au 7 janvier 2021. Ce jour-là, dans un message adressé à Moïse Nyarugabo — et, au-delà, aux communautés tutsies et banyamulenge — Litsani Choukran tient des propos qui relèvent clairement du discours de haine :

Une stigmatisation à la fois physique et ethnique (« votre tête nous énerve », « vous ressemblez à Kagame »)

Un appel explicite à la violence collective (« il faut qu’on vous attaque tous »)

Une incitation à établir des listes de personnes à « traiter », une rhétorique qui fait écho aux heures les plus sombres de la région

Il ne s’agit en rien de journalisme, mais bien d’une incitation à la haine ethnique.

Et c’est précisément ce type de « contribution » que le gouvernement envisage de récompenser le 4 mai, une ironie lourde de sens à l’occasion d’une journée censée célébrer la liberté de la presse.

Litsani Choukran n’est qu’un exemple parmi d’autres. D’autres noms feront l’objet de publications détaillées dans les prochains jours.

Par MAISHA RDC | @MaishaRdc sur https://x.com/MaishaRdc/status/2049911363758088307?s=20

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